Sillages
La lettre du Conseil Interdiocésain des Laïcs

Périodique trimestriel

Juillet - Août - Septembre 2014.

Au sommaire :
A la une > Rentrées pour tous ?
La parole à... > RivEspérance 2014
Gros plan sur... > Des souhaits pour le Synode sur la Famille
Pauvretés et Solidarités > Pose ton sac pour un nouveau départ.
A noter > Pour une Europe démocratique et sociale - Gustave Stoop, debout et frontalier

A la une

Rentrées pour tous ?

Après les élections de mai, exploits sportifs estivaux et vacances, la rentrée a sonné de manières variées.

Ainsi, dès leur installation, des députés eurosceptiques ont physiquement tourné le dos à leur Parlement, si bien que, pour relancer l’idéal européen, on ne peut plus se contenter de dire que notre continent n’a plus vécu de guerre depuis 1945, ce qui n’est d’ailleurs pas exact (cfr ex-Yougoslavie, …). De même, nombre de jeunes peinent à entrer dans le marché de l’emploi, comme l’a relevé en juin le Forum Européen des Laïcs, qui – soit dit en passant – a réélu à sa présidence Peter Annegarn, président du Conseil Interdiocésain des Laïcs.

Pourtant, de l’avenir de l’Europe et des jeunes, les médias ont bien moins parlé que de la Coupe mondiale de football et autres événements sportifs. Mais doutes et manque d’espoir sont partagés par de plus en plus de gens que ne parviennent pas à rassurer les propos appréciés du pape François ou autres interventions de l’Eglise.

D’où la question : qu’en est-il à présent de l’attention accordée au bien commun, y compris parmi chrétiens et catholiques ? Aussi, le C.I.L. entend être là modestement pour, par ses membres et selon son rapport 2013, « faire se croiser et coopérer les baptisés à la réalisation de la mission ecclésiale dans le monde en mobilisant l’enthousiasme et le dynamisme de leurs communautés d’engagement. ».

La parole à...

RivEspérance 2014

Du vendredi 24 au soir au dimanche 26 octobre après-midi, une nouvelle édition de RivEspérance aura lieu à Namur sur le thème du dialogue.

En 2012, un groupe de chrétiens trouvait que dans un climat d’une certaine morosité, il y avait pas mal de choses qui fonctionnaient bien et que cela valait la peine de les montrer et même de les mettre en exergue pour donner des « vitamines » spirituelles à chacun ou, plus simplement, pour contribuer à la vitalité de l’Eglise en rassemblant le peuple de Dieu autour d’initiatives qui existent et qui unissent. Ces chrétiens voulaient permettre ainsi à chacun de se rendre compte que tout ne va pas si mal et qu’autour de nous, il y a encore des gens convaincus et heureux de l’être.

Ainsi germa l’idée de rassembler pendant deux jours autour du thème de l’espérance ! Et cela a marché ! En effet, pendant deux jours 2.000 personnes, de tous genres, se sont réunies pour écouter des conférenciers de haut niveau, partager dans des ateliers, mais aussi pour chanter et prier.

Dans des contextes qui changent

C’était en 2012. Depuis lors, le climat a beaucoup changé.

Nous avons un nouveau Pape ; il fait souffler dans l’Eglise un vent nouveau, frais et régénérateur tout en veillant à respecter chacun et à ne pas heurter trop ceux qui ne méritent pas de l’être. Cela vaut sûrement la peine de s’arrêter et de comprendre ces nouvelles orientations de notre Eglise.

Nous avons un nouveau Roi, que l’on trouve généralement très à la hauteur des tâches difficiles qu’il doit remplir dans notre pays si complexe. Des gouvernements sont formés ou en formation, mais la situation économique et sociale n’est plus du tout ce qu’elle était il y a deux ans et la situation internationale est très différente aussi. Sont donc là plus que jamais les besoins des chrétiens de se retrouver pour se ressourcer, pour réfléchir ensemble à la manière de vivre leur foi aujourd’hui et d’être signes d’espérance au sein de la société ou encore pour vivre tout simplement quelques belles heures ensemble. De plus, à présent et plus qu’hier, chacun – quelles que soient ses convictions – est à la recherche de sens dans sa vie.

Oser le dialogue !

C’est pour cela et aussi pour répondre à la demande de beaucoup de participants de l’édition 2012 que nous avons décidé de remettre le couvert.

Ce sera à Namur, les 24, 25 et 26 octobre 2014 avec pour thème général le dialogue et la confiance : "Dépasser nos peurs, Oser le dialogue". Il sera décliné durant deux jours à travers conférences, temps de prière et ateliers.

Sont notamment annoncés comme conférenciers : Mgr Jean-Pierre Delville, Herman Van Rompuy, Mgr Jean Kockerols, Charles Picqué, le théologien protestant suisse Daniel Margerat, Gabriel Ringlet, Jean-Paul Dessy, Monique Hébrard, Marie-Christine Marghem, Jean-Michel Javaux, Mahinur Ôsdemir, Steven Vanackere, l’idée étant de se mettre à l’écoute de l’expérience de ces « grandes pointures » et de réfléchir à ce qu’elles nous apportent.

Les temps de prière seront animés par les communautés de Tibériade et d’Hurtebise, ainsi que par l’Auberge des Bruyères, kot à projet de Louvain-la-Neuve, le but poursuivi étant de se laisser porter (et d’entraîner les autres aussi !) par ces « priants » et de les accompagner dans un dialogue aimant avec notre Créateur.

Une centaine d’ateliers de réflexion et d’expression permettront de partager ce que nous faisons et de témoigner de la joie et de la richesse que ces activités apportent. Ce seront aussi autant d’occasions de témoigner de la vitalité des groupes qui font l’Eglise.

A cela s’ajouteront encore :

  • une soirée Gospel dirigée par Lionnel Sonna en la cathédrale de Namur pour se retrouver tous en un même endroit et participer à une soirée enthousiasmante et dynamique ;
  • pour les 25 à 40 ans, un rencontre en toute décontraction avec Thomas d’Ansembourg, un grand Monsieur de la réflexion et de la communication ;
  • une organisation spécifique pour les enfants avec des activités choisies pour chacun en fonction de son âge et de ses désirs ;
  • une grande célébration finale à la cathédrale.

L’équipe porteuse souhaite que RivEspérance soit un événement pour tous les chrétiens qui forment l’Eglise, tout en y invitant aussi toute personne, quels que soient son âge et ses convictions, qui veut vivre et dialoguer avec d’autres autour de sujets tellement variés que chacun puisse trouver ce qui l’intéresse et ce qui l’interpelle. C’est bien là la raison des activités et interpellations diverses voulues pour pouvoir dépasser des peurs, échanger et partager des richesses.

Philippe Petit
Membre de l’équipe porteuse

Pour plus d’infos, consulter le site www.rivesperance.be ou s’adresser à info@rivesperance.be ou au 081/72.50.37.

Gros plan sur...

Des souhaits pour le Synode sur la Famille

A quelques semaines du Synode des Evêques sur la Famille, « Couples et familles » nous partage ses attentes :

L’annonce d’un synode sur le thème de la famille était inattendue. Elle nous a réjouis. Par elle, et plus encore par l’envoi qui s’en suivit du questionnaire aux évêques, et à travers eux à tous les chrétiens, pour la première fois depuis Vatican II, l’institution ecclésiale appelait chacune et chacun à se pencher sur l’ensemble des questions qui se posent aux couples et aux familles. Sans mettre en cause ses positions antérieures, elle invitait pourtant à les revisiter en référence à la foi en Jésus-Christ et tenant compte de l’évolution du monde.

Les critiques dont a fait l’objet le questionnaire n’y changeaient rien : bien ou moins bien posées, ses questions, comme la place qu’il laissait à des interpellations qu’il ne soulevait pas, laissaient pertinente l’impression première d’une bonne nouvelle.

Qu’attendre ?

C’était il y a plus d’un an. A présent, le synode n’est plus qu’à quelques semaines de nous.

L’association « Couples et familles », qui publie les « Nouvelles Feuilles Familiales », a répondu au questionnaire. Cela l’a donc amenée elle aussi à faire le point de ce qui lui semble important aujourd’hui [1].

Nous osons espérer, dans la confiance en la sincère volonté de servir des pères synodaux et dans l’esprit de cet appel à une réflexion commune, qu’ils apporteront aux chrétiens, mais aussi à toutes les femmes et à tous les hommes de ce temps, des éléments et un souffle nouveau pour que cette réflexion se poursuive.

Pourquoi et comment constituer famille aujourd’hui, et non seulement dans nos sociétés occidentales, sont en effet des questions qui constituent d’énormes enjeux, à propos desquels l’Eglise doit interpeller dès lors que sa parole a des répercussions sur l’ensemble de la société contemporaine.

L’impact de cette parole sera « bonne nouvelle » si, sans chercher à imposer, elle s’attachera à appeler à la justesse de nos relations humaines dans l’Esprit de l’Evangile, qui ne cesse de nous décentrer de nos certitudes.

Oser espérer

Si le synode estime devoir proposer des repères ou des balises sur les questions de vie affective et sexuelle, d’accès des divorcés-remariés aux sacrements, d’unions de personnes de même sexe ou encore de moyens de régulation des naissances … , seraient-ils en continuité avec les préceptes auxquels l’Eglise s’est référée jusqu’ici, voilà qui romprait déjà avec leur traduction traditionnelle en interdits ou en contraintes. A l’encontre des règles édictées jusqu’ici, nous n’attendons pas qu’en soient prescrites d’autres, seraient-elles fondées sur ce que nous considérons essentiel.

Notre espoir est que les pères synodaux parviennent à cerner de manière adéquate les questions qui se posent au monde d’aujourd’hui, en les accompagnants des éléments primordiaux à prendre en considération, de sorte qu’elles aident à une réflexion en profondeur à leur propos.

Vivre, c’est se confronter à des réalités dissemblables qui ne sauraient recevoir de solutions uniformes. Puisse dès lors cet appel à la réflexion se faire dans un souci marqué de respecter la conscience de chacune et de chacun, voire en appelant à ce que cette conscience s’exerce en plénitude, certes en fonction des aspirations personnelles et de couple, mais aussi en fonction de l’impact de nos décisions sur notre entourage et sur la société entière.

Au nom de « Couples et Familles »,
Jean Hinnekens, président

Pauvretés et Solidarités

Pose ton sac pour un nouveau départ.

Née en 2011 et basée à Couillet, l’asbl « Pose ton sac » est un lieu d’accueil et d’hébergement pour adultes sans abri dont l’objectif est d’aider ceux-ci à retrouver leur équilibre et une vie sociale, grâce à la vie en communauté et au développement d’un projet de vie personnel rendant chacun plus autonome.

Les actions de l’asbl comprennent : la prise en charge des usagers (écoute, accueil, hébergement, accompagnement) ; une éducation permanente des bénéficiaires ; un suivi administratif pour assurer les droits de chacun et un accompagnement dans l’élaboration du projet de vie personnel.

« Pose ton sac » est né en 2011 sous la houlette de Denis Uvier, éducateur de rue, grâce à un don d’une maison fait par des jeunes adultes conscientisés aux problèmes des SDF. L’association veut intégrer les usagers dans la rénovation de ce bâtiment en développant le partage des savoir-faire, le respect du rythme de chacun, l’acquisition de nouvelles compétences, etc. Tout en retrouvant confiance en ses capacités, chacun prend une part active à la réalisation du projet pour que celui-ci soit vraiment un lieu de reconstruction de soi par le partage du vécu et du ressenti.

Lui-même ancien SDF, Jean-Pierre Laffineur a pris avec succès le relais de la gestion pratique du centre. Plus d’infos au 0487.54.14.08.

A noter

Pour une Europe démocratique et sociale

A l’inverse du célèbre « Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel, le talentueux écrivain Lucien Putz ne s’adresse pas aux citoyens, mais aux responsables politiques, en particulier européens, dans ce court mais jubilatoire « coup de gueule » intitulé « Lettre ouverte aux femmes et hommes politiques ». Dans un style mi-prosaïque, mi-poétique, il s’en prend aux mandataires européens qui, au lieu de relayer les aspirations légitimes de leurs peuples, se soumettent trop aux directives des organismes internationaux que sont le F.M.I., la Commission européenne et la Banque centrale européenne, mais aussi aux avis des agences de notation. Dénonçant la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande, l’auteur met en garde contre ses corollaires que constituent le dévoiement de la démocratie, la déliquescence de l’idéal de l’unification européenne et la paupérisation du plus grand nombre au profit des milliardaires dont le nombre augmente. Mais ce petit « brûlot » est aussi porté par l’espérance en l’Humain. A lire après le récent scrutin européen et pour juger de sa pertinence.
Putz Lucien, « Lettre ouverte aux femmes et hommes politiques - Petit rappel (à l’ordre) élémentaire avant action », Cuesmes, Ed. du Cerisier, 2012, 58p.

Gustave Stoop, debout et frontalier

Si vous étiez « jeune » ou ado dans les années 60-70, vous retrouverez avec plaisir l’époque décrite dans ce livre et un personnage qui vous a peut-être marqué.
Vous appartenez aux générations plus proches ? Vous découvrirez comment Gustave Stoop, jeune prêtre qui a perçu avant beaucoup d’autres adultes les vraies questions des jeunes dans un monde chamboulé, a créé toute une série d’associations, d’institutions pluralistes et de lieux appropriés à cette nouvelle demande des jeunes. (Infor-jeunes, Free-Clinic, SOS Jeunes, etc.). Avec « la passion d’un homme pour son temps, pour ses interlocuteurs ados, en mal être ou toxicomanes, et pour le développement avec des adultes conscients et compétents de solutions qui tiennent la route ».
Michel Kesteman, l’auteur de ce livre, a voulu laisser une trace de Gustave Stoop en l’interviewant et en reprenant ses notes, mais aussi en nous invitant à une réflexion sur l’action sociale.
Michel Kesteman, « Gustave Stoop, debout et frontalier », préface de Charles Picqué, Editions Couleur livres, 90 p., 10 €.

La lettre du Conseil Interdiocésain des Laïcs

Pour mener ses activités, le C.I.L. ne dispose à présent que d'un soutien réduit de la Conférence épiscopale, des cotisations de ses membres et de dons de sympathisants. Tout don versé à son compte sera dès lors le très bienvenu.
BE43 7995 5016 4501 (BIC : GKCCBEBB)
Amis du CIL, 1040 Bruxelles.