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Un entre deux Synodes

Diverses réactions ont circulé au sujet des travaux du Synode des évêques consacrés en octobre dernier à Rome aux problématiques familiales et en vue de leur poursuite en 2015.

Les suites données aux contributions présentées durant le dernier Synode des évêques n’ont rien d’étonnant puisqu’il y fut question de sujets aussi importants que le contexte et les défis actuels concernant la famille, le regard sur Jésus et les perspectives pastorales.

Un souhait du Pape à satisfaire

Ces réactions sont aussi très normales, car le cardinal Peter Erdö a conclu le débat général d’octobre dernier en déclarant que les réflexions proposées entendent poser des questions et indiquer des perspectives que les Eglises locales devront faire mûrir et préciser d’ici l’Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques d’octobre 2015. Selon ce rapporteur, « il ne s’agit pas de décisions prises, ni de perspectives faciles, mais le chemin collégial des évêques et la participation du peuple de Dieu tout entier pourront nous guider vers des voies de vérité et de miséricorde pour tous. Tel est le souhait que le pape François a exprimé dès le début de nos travaux.... ».

Une des lettres au Pape

Aussi, voici une lettre adressée de Paris au pape François , le 23 novembre, par Mgr Jacques Gaillot, ancien évêque d’Evreux et évêque de Parteniat, connu pour être proche des gens aux conditions de vie souvent difficiles. Car elle nous semble exprimer ce que pas mal de catholiques, laïcs et autres auraient sans doute voulu écrire au Pape :

Pape François, Nous sommes nombreux à vouloir vous dire notre soutien et notre reconnaissance pour tous les efforts que vous faites afin que l’Eglise catholique rencontre son temps.

Vous ne ménagez pas votre peine pour ouvrir des portes aux familles de nos sociétés modernes : familles divorcées, sans enfants, monoparentales, recomposées, de même sexe...C’est un changement anthropologique et culturel considérable !

Le texte adopté à la fin du synode d’octobre 2014 nous est apparu décevant et en retrait. Surtout par rapport aux propositions d’ouverture qui avaient été faites aux divorcés remariés et aux homosexuels. Ce texte donne l’impression que l’on reste enfermé dans un système.

Heureusement, en renvoyant la question dans les diocèses avant la prochaine session du synode, vous mettez en œuvre la collégialité, permettant à l’ensemble du peuple chrétien de s’exprimer en liberté. C’est dans cette optique que nous tenons à vous apporter notre modeste contribution.

Vous l’avez dit vous-même, ce n’est pas la discipline qui doit prévaloir, mais la miséricorde. N’est-ce pas le comportement habituel de Jésus dans toutes ses rencontres sur les chemins de Palestine ?

Le rôle de l’Eglise est d’accompagner, de soulager, d’encourager et non pas d’imposer des fardeaux que nous-mêmes, ses responsables, ne portons pas. Il semble tellement plus évangélique d’accueillir les personnes telles qu’elles sont et non pas telles qu’elles devraient être ! C’est l’honneur de l’Eglise que des chrétiens, des prêtres aient depuis longtemps ouverts des portes. Ils ne sont pas partis des principes mais des couples qui, de fait, sont exclus du sacrement et de la communion avec les autres chrétiens. Ils reconnaissent avec bienveillance l’amour qui est vécu chez des couples hors normes.

Ils ne se réfugient pas dans la doctrine en tenant un discours normatif, mais ils se mettent à l’écoute et portent un regard positif sur ces nouvelles formes de familles dont la vie au quotidien n’est souvent pas facile.
Le mariage civil est reconnu positivement. Des divorcés remariés sont accueillis et communient. Des responsabilités leur sont confiées. Des couples homosexuels sont reconnus et estimés. Leur mariage est béni. Et leurs enfants sont baptisés. Dans les périphéries de l’Eglise existe un climat de tolérance et de respect où les exclus sont les premiers invités à la table eucharistique.

C’est un changement majeur qui peut faire peur. Il ne s’agit pas d’accepter tout ce qui se fait, mais de partir des situations de vie telles qu’elles sont et de faire courageusement un pas en avant sur un chemin nouveau où se trouvent ceux et celles qui se sentent marginalisés par l’Eglise.

Merci pape François de nous réjouir par votre audace évangélique : « Dieu est le Dieu de la loi. Il est aussi le Dieu des surprises. Laissez-vous surprendre par Dieu. Dieu n’a pas peur de la nouveauté. ». Ce sont vos paroles. L’avenir est ouvert. Avec notre affection et notre respect. Jacques Gaillot, évêque de Parteniat

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