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Pape François : la rupture dans la continuité

Six mois après son accession au trône pontifical, le premier pape sud-américain de l’Histoire a déjà clairement affirmé son style : retour aux valeurs de base de l’Evangile, volonté de réformer le gouvernement de l’Eglise, mais aussi fermeté sur le volet des questions éthiques. Analyse.

Chacun se souvient encore des premiers mots adressés, le 13 mars dernier, à la foule rassemblée sur la place Saint-Pierre par celui qui n’était encore, quelques minutes plus tôt, que l’archevêque de Buenos Aires : Buena sera a tutti !... D’emblée le ton était donné : préférant l’appellation « Pape François » à celle, plus pompeuse, de « François 1er », Jorge Mario Bergoglio mettait résolument l’accent sur les valeurs de simplicité, d’humilité et de service des pauvres. Le tout avec un sourire de bonté qui n’avait rien de factice.

Cette volonté de retour aux fondamentaux chrétiens s’est déjà traduite par plusieurs gestes forts. Ainsi, à l’occasion du Jeudi saint, il a lavé les pieds de dix hommes et de deux femmes - dont une Serbe musulmane. Le 24 avril, il a promis aux grands-mères de la Place de mai - ces femmes qui se battent pour obtenir la vérité sur les atrocités commises sous la dictature argentine - l’ouverture prochaine des archives de l’Eglise à ce sujet. Et lors de la Fête du Travail, il a dénoncé en termes très durs le chômage ainsi que le « travail d’esclave » qui gangrènent l’économie de profit actuelle.

Mais le nouveau pape n’a pas pour autant négligé la nécessité de réformer en profondeur les organes dirigeants d’une Eglise récemment discrédité par l’affaire Vatileaks. Soucieux de traduire dans la pratique le principe de collégialité cher aux tenants de Vatican II, il a rapidement constitué un groupe de travail de cardinaux pour le conseiller dans le gouvernement de l’Eglise. De même, le 9 juillet, il a mis sur pied une commission pontificale spéciale dans le but de réformer les structures économico-administratives du Saint-Siège. Son objectif ? Promouvoir des finances saines et transparentes au sommet de l’Eglise.

S’il s’affirme à cet égard comme résolument réformiste, le pape François apparaît par contre fort conservateur sur les questions éthiques - même si cela transparaît peu de la part d’un pape très axé sur le social. On notera cependant que, lors d’une interview récente, il a manifesté son grand respect pour les personnes homosexuelles. Certes, d’aucuns regretteront peut-être son absence d’ouverture dans les dossiers du mariages des prêtres et de l’accession des femmes à la prêtrise. Mais n’est-ce pas pour lui l’occasion, par rapport à ses prédécesseurs, de signifier que la rupture se fait dans la continuité ?

Louis MATHOUX

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