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L’amour et le vivre ensemble

Parmi les récentes activités du Conseil Interdiocésain des Laïcs a figuré son engagement dans l’organisation de la 3e journée de réflexion du groupe Altercité qui avait pour thème « L’amour suffit-il pour vivre ensemble ? »

Altercité-Chrétiens en forum est un groupe informel de chrétiens qui sont engagés dans la vie sociale et politique de notre pays et éprouvent le besoin de réfléchir à la manière de vivre en chrétiens au sein de la société actuelle.

De l’individuel au collectif

« S’il s’agit aujourd’hui comme hier, explique Altercité, de prendre soin de tout l’homme et de tous les hommes, y compris les plus marginaux et les plus démunis, de nouveaux problèmes de société surgissent et des difficultés que nous avions cru dépassées ressurgissent. Tout cela exige des réponses nouvelles. Nous ne pouvons plus simplement reproduire des modes d’actions anciens, nous devons innover. Cela n’est pas toujours à notre portée individuelle, mais ensemble nous pouvons y arriver. »

A l’actif de Altercité, dont l’ancienne parlementaire Clotilde Nyssens est la cheville-ouvrière, il y a l’organisation de conférences : de l’écrivain Jean-Claude Guillebaud (« Quelle sera la prochaine révolution ? Sens et engagements »), de la présidente de Sant’Egidio Benelux Hilde Kieboom, du psychiatre et psychanalyste Jean-Pierre Lebrun et de l’exégète André Wenin sur le thème de la violence, ainsi que de Laurent de Briey, philosophe et économiste. [1]

Une 3e et riche journée de réflexion

Altercité a aussi mis sur pied des journées de réflexion annuelles, dont les éditions de 2009 et de 2010 s’étaient intéressées aux moyens pour sortir de la violence et au goût de la vie. Coorganisée par le C.I.L., la 3e journée a réuni plus de cent personnes en octobre dernier à Louvain-en-Woluwe sur le thème « L’amour suffit-il pour vivre ensemble ? ».

Professeur aux Facultés N-D de la Paix à Namur, Jean-Michel Longneaux a expliqué que les sociétés se soudent par un besoin d’union face à un ennemi commun et par une vision commune qui permet d’affronter la peur de la mort et est normalement articulée autour de quatre discours : scientifique, économique, juridique et religieux. Et pour vivre ensemble, c’est l’amour qui compte. Mais il y a beaucoup d’écueils. De plus, vouloir que l’amour amène à une réconciliation universelle est de l’ordre de l’imaginaire, une espérance qui flatte les trois désirs qui nous animent : le désir de toute-puissance, le désir de fusion et le désir que l’amour ait toujours raison. Mais la vie réelle nous en fait découvrir le caractère illusoire. Nous devons donc nous méfier du rêve de l’angélisme, ne pas pour autant nous résigner et, au contraire, avoir le courage d’aimer malgré le fait que notre amour ne sera jamais à la hauteur. Paradoxalement, c’est dans l’amour que nous trouverons la force de faire face à ces défis. Malgré imperfections et malentendus, l’amour qui nous pousse vers les autres est une joie, il nous procure du bonheur. Et avoir été aimé pour ce qu’on est, nonobostant la solitude ou la finitude de l’amour, ça permet de ne pas s’évader dans les rêves.
Remplaçant la Burundaise Maggy Barankise, l’animatrice de groupes bibliques Véronique de Stexhe a examiné l’amour à la lumière des deux chapitres de la Genèse consacrés à la création et mis en avant l’importance d’un 7e jour. Pour elle, ainsi que l’a écrit Louis Mathoux, dans l’hebdomadaire « Dimanche », « une relation d’amour ne peut s’instaurer que s’il existe une distance entre le moi et l’autre. Distance qui est symbolisée par l’arbre de la connaissance planté entre Adam et Eve, tant il est vrai que chacun d’eux recèle toujours une part d’inconnaissance aux yeux de l’autre. ».

Invité à exprimer sa vision de l’amour comme ressort de la vie collective, le psychiatre Philippe van Meerbeeck a dit l’importance de parler de l’engagement aux jeunes d’aujourd’hui et rappelé que le message évangélique est parvenu jusqu’à nous avec saint Paul et son « L’amour est plus fort que la mort ».

Comme professeur de sociologie et président d’Entraide et Fraternité-Vivre Ensemble, Michel Molitor a relevé qu’il fallait analyser et déconstruire pour construire, mais aussi proposer pour le vivre ensemble. Il faut reconnaître chacun comme sujet et manifester la tendresse de Dieu aux plus petits. Mais à côté des solidarités proches, il faut transformer des mécanismes sociaux et faire mettre en place les règles et structures qui rendent les droits effectifs.

Travaillant au sein du Mouvement social des aînés, Anne Jaumotte a montré qu’il fallait rendre les personnes âgées sujets et acteurs de leur vie jusqu’au dernier jour et combattre les stéréotypes : leur expérience de vie est un potentiel ; chaque génération apporte quelque chose à la société ; si l’on ne centre pas tout sur ce que l’on perd, on peut encore élaborer des projets.

Enfin, quatre ateliers ont, toujours en lien avec l’amour, encore abordés les thèmes du couple et de la famille, de la solidarité internationale, des religions et de la loi.

Comme l’a noté Sylvie Kempgens, déléguée des communautés de base au C.I.L., en faisant écho aux propos de Michel Kesteman, conseiller théologique du C.I.L., « tout cela nous invite, nous aussi, chacun à notre façon, à être ‘compatibles’ avec les autres, à nous avancer dans des chemins de justice grâce à l’amour reçu, à concrétiser notre amour du voisin en engagement citoyen. ». [2]

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[2« L’amour suffit-il pour vivre ensemble ? » dans « Communautés en marche », N°93, décembre 2011, pp.45-47.

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