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Il est plus que temps

C’est la lettre ouverte qui suit pour « ré-enfanter l’Eglise au souffle de l’Esprit » que l’Equipe d’Animation du Conseil Interdiocésain des Laïcs (C.I.L.) a adressée à nos frères chrétiens, laïcs, clercs et évêques le 2 novembre dernier :

Nous tous qui sommes baptisés, nous por tons ensemble la responsabilité de la proclamation et de la mise en application de l’Evangile. Au cours des derniers mois, la crise s’est développée d’une manière accélérée dans notre Eglise. Les évènements qui se sont succédé ont fait surgir des sentiments d’impuissance, de colère et d’incrédibilité. Si « l’Eglise est profondément sinistrée dans notre pays », comme l’écrit un de ses ministres, nous ne pouvons pas rester en témoins muets face aux problèmes manifestes que nous observons dans les rouages de l’Eglise. Chaque baptisé doit se sentir concerné et non seulement pouvoir réagir, mais aussi se sentir le devoir de se manifester, seul ou avec ceux qui par tagent sa foi, et se résoudre à un examen de conscience plus approfondi avec la hiérarchie. Nous pensons qu’il est plus que temps que nous, les laïcs, nous soyons des partenaires à part entière dans les défis à relever par l’Eglise. C’est Benoît XVI lui-même qui, en mars dernier, proclamait : « la nécessité d’un changement de mentalité dans l’Eglise, surtout à l’égard des laïcs, pour promouvoir, dans le respect des vocations et des rôles (...) la coresponsabilité de tous les membres du peuple de Dieu ». Prenons-le au mot.

C’est ce qu’ont écrit nos collègues de l’IPB, l’équivalent flamand du CIL : « La communauté ecclésiale doit communiquer plus ouver tement et plus clairement, appor ter des modifications structurelles dans l’Institution. Les évènements récents ne doivent pas être l’affaire des seuls clercs. Où se réalise la réflexion fondamentale au sein de l’Eglise ? Nous devons constater qu’aucune structure démocratique ne permet une discussion fondamentale, concertée au sein du peuple de Dieu. Malgré le concile Vatican II, il ne s’est jamais développé une véritable égalité entre clercs et laïcs, surtout parce que les responsables de l’autorité et de l’organisation de l’Institution veulent clairement maintenir leur pouvoir. Il faut casser la structure patriarcale si nous voulons aboutir à de véritables concertations ».

De notre côté, rappelons deux des dix propositions formulées cette année par le CIL à la suite d’un travail de réflexion et de consultations de plusieurs années : « Petites ou grandes, les communautés doivent se prendre en charge sans attendre ou suivre aveuglément des consignes venues d’en haut » et « Promouvoir en toute occasion le dialogue : il n’y a pas deux classes de chrétiens, les clercs (sacralisés) ... et les autres.Tous sont prêtres, prophètes et rois » (Voir www.cil.be) .

C’est pourquoi nous nous sommes mis autour de la table pour réfléchir ensemble à ces questions.

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