Accueil > Publications > e-Sillages > Janvier-Février-Mars 2014

Prochains Synodes sur la famille

En vue des synodes des évêques de 2014 et 2015 sur « les défis pastoraux de la famille dans le contexte de la nouvelle évangélisation », les évêques de Belgique ont diffusé en novembre les 39 questions complexes adressées par Rome et, en février, un rapport de synthèse des réponses reçues.

Fallait-il prendre comme un signe de modernité ou de diffusion limitée le fait que nos évêques aient, en novembre 2013, publié sur le site www.cathol.be le questionnaire du Vatican envoyé aux conférences épiscopales pour préparer le synode des évêques d’octobre prochain à Rome ? En tout cas, on peut un peu douter de ce que les questions aient été diffusées « le plus largement possible dans toute l’Eglise de Belgique » et alors qu’il fallait déjà y répondre pour le 15 décembre. Mais, en ce début du pontificat du pape François, une telle démarche marque une certaine avancée, par rapport à l’examen des « Lineamenta » (premières lignes thématiques) que la conférence épiscopale demandait auparavant à quelques instances comme le CIL. De plus, en février, les évêques ont diffusé un rapport synthétisant en sept pages les réponses reçues qui devrait retenir tout particulièrement l’attention du CIL, puisque les 1.589 réponses représentent plus de 3.000 personnes et sont à 70 % francophones. Ce qui, selon le rapport, « relativise le résultat sans en supprimer la valeur » et « nous fera indubitablement progresser ».

En relevant la variété des points de vue reçus, il est écrit que «  la distance grandissante entre la famille sous toutes ses formes telle que nous la connaissons aujourd’hui et l’enseignement de l’Eglise sur le mariage et la famille forme la principale préoccupation des répondants. ». Mais il est aussi question du manque de connaissance de cet enseignement, de l’absence de contradictions radicales, d’une tension entre protection de l’enseignement (de l’Eglise) et entrée en dialogue, ainsi qu’entre ce que propose l’Eglise et « une approche compatissante pour ceux qui s’en éloignent » ou encore entre ce que, d’une part, offre l’Eglise et à quoi aussi leur conviction personnelle chrétienne leur fait adhérer et , d’autre part, le processus décisionnel politique et les évolutions sociales.

Concernant l’enseignement de l’Eglise, il est dit que sa connaissance est majoritairement faible, mais qu’il est devenu difficile de le vivre au sein de la famille et de le défendre en société à propos de la contraception artificielle, la position des divorcés remariés, la condamnation des actes homosexuels et la sexualité hors mariage. Plusieurs le disent contraire à l’évangile et dépassé, tout en s’interrogeant sur la compétence de l’Eglise en matières médicales.

A côté des doutes exprimés à propos du mariage ‘selon la loi naturelle’, « les croyants situent surtout leur contribution au mariage et à la famille dans le fait de ne jamais exclure personne quoi qu’il puisse arriver » et une majorité demande que l’Eglise cesse de faire une différence par rapport aux couples ‘normaux’. L’importance numérique du groupe des divorcés, remariés ou non, est relevée, avec référence au mariage non sacramentel après un divorce chez les orthodoxes, et surtout demande concernant la communion pour les divorcés remariés ressentant à présent incompréhension, colère et amertume. Une majorité demande que l’Eglise reconnaisse les relations homosexuelles sous une forme juridique et sans rejet moral, même si un doute subsiste concernant le terme mariage. Et il est demandé de ne faire aucune différence entre les enfants des couples homosexuels et les autres, tout comme vis-à-vis des enfants nés hors mariage.

Une des sept pages du rapport traite des positions défendues par l’encyclique Humanae Vitae en 1968 ; il y est dit que « une grande majorité prend acte du fait que l’Eglise s’oppose à la contraception mais l’estime très normale aujourd’hui et pense que les chrétiens effectuent ici un choix moral » et que « la vision d’Humanae Vitae/l’Eglise reste trop éloignée de la sphère de la vie des jeunes. ».

En soulignant l’importance de la famille au niveau de la société et de l’Eglise, il est fait référence à la situation déplorable de beaucoup de paroisses où les familles ne peuvent plus guère trouver de soutien pour leur foi. Selon le rapport encore, « l’Eglise doit se focaliser davantage sur la Bonne Nouvelle, la personne de Jésus et la rencontre avec Lui que sur des thèmes moraux…. Il est demandé à l’Eglise une grande ouverture vis-à-vis des différentes familles de fait. D’autres grands thèmes qui reviennent sont le célibat obligatoire pour les prêtres et leurs conditions de vie, la place de la femme et des laïcs dans l’Eglise, l’importance de l’engagement des chrétiens dans l’Eglise et dans la société et le soutien qui doit leur être proposé. ». Tout cela - dont la finale - et plus encore émane d’une partie du Peuple de Dieu de chez nous en vue de deux Synodes où seront représentés les évêques catholiques du monde entier !

    Partager cet article sur :
  • Facebook
  • Twitter

e-Sillages - La lettre du CIL

Vous désirez être tenu(e) au courant de nos activités?



C.I.L.

1, rue Guimard
B 1040 Bruxelles
Tél : 02.509.96.24
Courriel : cil@cil.be

BE43 7995 5016 4501

RSS