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Europe : une Commission plus sociale ?

Le 25 mai prochain, nous voterons pour divers scrutins belges et aussi pour élire les 751 eurodéputés qui constitueront le prochain Parlement européen. Que faut-il en attendre sur le plan social ?

En application du Traité de Lisbonne entré en vigueur le 1er décembre 2009, le nouveau Parlement européen élira pour la première fois en 2014 le président de la Commission européenne, à savoir le chef de l’exécutif. Si cette mesure est censée en théorie rendre plus démocratique le fonctionnement des institutions européennes, ne soyons pas dupes : dans cette économie dérégularisée et mondialisée qui est la nôtre, les « représentants » politiques ne constituent plus que de simples courroies de transmission au service des vrais détenteurs du pouvoir que sont les lobbies économiques, les entreprises multinationales ainsi que les gigantesques consortiums bancaires internationaux.

Ce sont ces derniers qui ont largement inspiré – voire imposé – les sinistres politiques d’« austérité » qui, au nom de la réduction des déficits publics, ont provoqué ces dernières années des dégâts sociaux considérables sur le Vieux Continent. Bien que le Fonds Monétaire International (F.M.I.) ait exprimé dès 2012 ses doutes quant à l’efficacité réelle de ces politiques, il est hélas peu probable que celles-ci soient remises en question après le 25 mai 2014, tant le « dogme » de l’équilibre budgétaire constitue l’un des piliers de l’idéologie ultralibérale toute-puissante actuellement.

Un bémol cependant : le 15 janvier, le Parlement européen a lancé une vaste enquête sur la gestion de la crise financière en Grèce, en Espagne, au Portugal et en Irlande par la fameuse « troïka » composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du F.M.I. En ligne de mire : le manque de légitimité démocratique de cette troïka et les conséquences désastreuses engendrées par sa politique sur le plan social. De manière générale, l’Europe pourrait dès lors prendre davantage en compte à l’avenir l’impact humain des politiques d’austérité.

Mais tout dépendra in fine de la composition de la future Commission et de son président, qui sera désigné en octobre. Si le candidat des libéraux Guy Verhofstadt a peu de chances d’accéder à ce poste, il n’en va pas de même du candidat socialiste Martin Schulz – par ailleurs président actuel du Parlement européen – et des deux principaux prétendants du P.P.E. (Parti Populaire Européen, réunissant les démocrates-chrétiens et les conservateurs) que sont Jean-Claude Juncker et Michel Barnier. Tous les trois sont en effet partisans d’une Europe plus sociale. A moins que ne soit réélu à ce poste l’ultralibéral forcené qu’est José Manuel Barroso…

Louis MATHOUX

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