Sillages
La lettre du Conseil Interdiocésain des Laïcs

Périodique trimestriel

Octobre - Novembre - Décembre 2014

Au sommaire :
A la une > Poursuivre et Re-commencer
La parole à... > Un appel urgent pour le C.I.L.
Gros plan sur... > Un entre deux Synodes
Pauvretés et Solidarités > 95 projets à soutenir
A noter > Pourquoi la vie est belle même dans l’épreuve - Douze urgences pour l’Eglise

A la une

Poursuivre et Re-commencer

« Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage ..... », voilà ce qui vient sans doute à l’esprit à la fin de 2014 ! Car cette année a été marquée par des élections dans notre pays, en Europe et ailleurs, après lesquelles il a fallu former, plus ou moins rapidement, des gouvernements. Voilà donc citoyennes et citoyens, élues et élus repartis pour un tour. Affaires à suivre donc, jusqu’au plan mondial, comme l’ont relevé les mobilisations et les interpellations d’autorités morales à propos du grave dossier relatif au réchauffement climatique et à l’avenir de notre Terre, ainsi qu’à la suite des violences découlant de trop nombreux conflits.

Pour l’Eglise catholique, bien des attentes ont été exprimées vis-à-vis du Synode des évêques convoqué en octobre et encore en 2015 pour aborder les questions relatives aux désormais si divers couples et familles. Elles sont venues des laïcs, mais aussi de pas mal de membres de la hiérarchie. Affaires à suivre aussi.

En tout cas, le Conseil Interdiocésain des Laïcs entend poursuivre ou re-commencer la prise en compte d’enjeux de société et d’Eglise à relever, comme cela est expliqué plus loin.

Et vous, lectrices et lecteurs, êtes-vous prêts à y contribuer aussi, à la lumière de l’Evangile et pour « ne pas rester au balcon », selon une expression chère au pape François ? C’est le vœu que nous faisons en vous souhaitant une très belle fête de Noël et une entrée confiante en 2015.

La parole à...

Un appel urgent pour le C.I.L.

Pour le Conseil Interdiocésain des Laïcs, voici que prend fin le deuxième mandat de président de Peter Annegarn, auquel il faut adresser de très sincères remerciements pour ce service accompli à côtés de ses autres engagements familiaux, sociaux et ecclésiaux dépassant les frontières de notre pays.
Cette étape ramène des questions au sujet de la raison d’être du C.I.L. dans le contexte actuel de l’Eglise catholique et de la société, avec la réduction de moyens humains et financiers que connaissent désormais ce conseil et ses membres. D’où les réflexions et appel qui suivent :

Etre Conseil interdiocésain de laïcs peut-il avoir du sens ? Rassembler et produire assez pour que ses membres, leurs milieux ou l’Eglise, hiérarchie et peuple de Dieu, en soient /restent/deviennent partie prenante ? Ce sont, en fait, des questions posées régulièrement au sein et en dehors du C.I.L..

Nous nous sommes donc réunis en C.I.L. avec plusieurs intervenants extérieurs qui nous ont boostés, nous ont renvoyé l’image de ce que nous sommes ou nous ont dit comment le C.I.L. est perçu. Aussi, l’Equipe d’animation et le Conseil d’administration du C.I.L. en ont retiré ce qui suit :

Nous voulons remettre le C.I.L. en mouvement pour pouvoir annoncer un changement : des laïcs chrétiens associés à des hommes de bonne volonté veulent faire forum/agora/échangeur ! Pour dialoguer à partir de leur diversité d’origines, de générations ou d’engagements afin de relever les défis de l’Evangile. Cela est indispensable face aux défis de notre monde en changement confronté à la mondialisation et à la marchandisation (au lieu de la gratuité et de l’efficacité pratique), aux dérives individualistes (au lieu de la recherche en commun des possibilités de vivre ensemble et de se soutenir), de matérialisme (au lieu d’une spiritualité incarnée et d’une humanisation).

Il nous faut rassembler l’énergie et la compétence des chrétiens prêts à dialoguer et être un centre de ressources humble, mais dynamique. Car nous croyons que la Bonne Nouvelle reste actuelle, mais qu’Elle peut et doit résonner autrement. Nous croyons que l’Eglise peut et doit rester dans le coup et en prise avec le monde pour aider ceux et celles qui en font partie et ceux et celles qui cherchent à s’y retrouver ainsi qu’à bousculer les institutions civiles pour rendre ce monde plus humain, plus juste, plus vivable.

Nous croyons que ceux et celles qui acceptent de s’investir pour cela doivent pouvoir avoir un retour immédiat, utile pour eux et leurs proches, de même que de quoi stimuler les instances qui les ont envoyés ou délégués au C.I.L..

Nous croyons que ce lieu est à la fois politique (il fait avancer les choses, il est collectif), stratégique (on y réfléchit comment y parvenir), intergénérationnel et spirituel (inspirateur, enraciné en Jésus-Christ, communautaire ou ecclésial).

Pour y parvenir, nous avons proposé la désignation par le Conseil d’administration du C.I.L. d’une nouvelle Equipe d’animation transitoire (pour un an) étoffée de non-membres en vue d’accompagner l’évolution recherchée de propositions concrètes à faire au Conseil d’administration et à l’Equipe d’animation pour faire aboutir ce chantier de renouvellement et de rajeunissement avec toute la diversité que celui-ci requiert.

Cette Equipe d’animation transitoire sera présidée par Stéphane Houbion, de Jeunes Et Citoyens. Elle comprendra Isabelle Losseau (Agir en chrétiens informés-ACi), Danielle Debie (Couples et Familles), Myriam Tonus (Entraide & Fraternité-Vivre Ensemble), Marie-Julienne Quiévy (Fraternités séculières Charles de Foucauld), Louise Parmentier (Fraternités laïques franciscaines), Michel Kesteman (conseiller théologique) et Jean-Pierre Berger (Religieux et Religieuses-Coreb).

Cependant, il faut aussi que tous ceux et celles qui sont au C.I.L., n’y sont plus ou pourraient un jour le rejoindre se mobilisent pour participer à la dynamique et au changement souhaités.

La question à traiter durant l’année 2015 est : « Qu’est-ce que le C.I.L., Conseil interdiocésain des laïcs, doit devenir ? » .

Selon les récents échanges vécus au sein du C.I.L., il y a urgence parce que, sans changement, le C.I.L. risque d’être de plus en plus déserté et inutile, mais aussi parce que :

  • au niveau de Bruxelles et de la Wallonie, les laïcs catholiques n’ont pas d’autre lieu de concertation ouvert à toutes leurs associations, de forum permanent où s’intéresser à ce que font les autres et à travailler dans la diversité des terroirs et des chemins ;
  • le fonctionnement actuel ne convient plus à une majorité de membres ;
  • le temps des gens engagés est compté ;
  • certaines associations et autres mandants désignent des délégués sans toujours suivre le produit de la délégation, ni saisir l’opportunité de se laisser questionner par les réflexions partagées au sein du C.I.L. ;
  • un grand nombre d’associations ou de groupements partagent les valeurs et actions du C.I.L. mais estiment, au moment du choix de leurs priorités, que le fonctionnement du C.I.L. ne leur offre pas de valeur ajoutée/d’efficacité suffisante pour y investir durablement ;
  • le monde change et que nous pouvons changer avec lui, tout en gardant une base historique et proche de nos racines, solide et valorisante ;
  • les enjeux d’aujourd’hui réclament la présence des chrétiens dans la construction du monde à laquelle le C.I.L. entend vouloir contribuer grâce aux apports de ses membres.

Et finalement, parce que quelques mots récents du pape François guident nos pas : « N’en parlez pas, faites-le ».

Gros plan sur...

Un entre deux Synodes

Diverses réactions ont circulé au sujet des travaux du Synode des évêques consacrés en octobre dernier à Rome aux problématiques familiales et en vue de leur poursuite en 2015.

Les suites données aux contributions présentées durant le dernier Synode des évêques n’ont rien d’étonnant puisqu’il y fut question de sujets aussi importants que le contexte et les défis actuels concernant la famille, le regard sur Jésus et les perspectives pastorales.

Un souhait du Pape à satisfaire

Ces réactions sont aussi très normales, car le cardinal Peter Erdö a conclu le débat général d’octobre dernier en déclarant que les réflexions proposées entendent poser des questions et indiquer des perspectives que les Eglises locales devront faire mûrir et préciser d’ici l’Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques d’octobre 2015. Selon ce rapporteur, « il ne s’agit pas de décisions prises, ni de perspectives faciles, mais le chemin collégial des évêques et la participation du peuple de Dieu tout entier pourront nous guider vers des voies de vérité et de miséricorde pour tous. Tel est le souhait que le pape François a exprimé dès le début de nos travaux.... ».

Une des lettres au Pape

Aussi, voici une lettre adressée de Paris au pape François , le 23 novembre, par Mgr Jacques Gaillot, ancien évêque d’Evreux et évêque de Parteniat, connu pour être proche des gens aux conditions de vie souvent difficiles. Car elle nous semble exprimer ce que pas mal de catholiques, laïcs et autres auraient sans doute voulu écrire au Pape :

Pape François, Nous sommes nombreux à vouloir vous dire notre soutien et notre reconnaissance pour tous les efforts que vous faites afin que l’Eglise catholique rencontre son temps.

Vous ne ménagez pas votre peine pour ouvrir des portes aux familles de nos sociétés modernes : familles divorcées, sans enfants, monoparentales, recomposées, de même sexe...C’est un changement anthropologique et culturel considérable !

Le texte adopté à la fin du synode d’octobre 2014 nous est apparu décevant et en retrait. Surtout par rapport aux propositions d’ouverture qui avaient été faites aux divorcés remariés et aux homosexuels. Ce texte donne l’impression que l’on reste enfermé dans un système.

Heureusement, en renvoyant la question dans les diocèses avant la prochaine session du synode, vous mettez en œuvre la collégialité, permettant à l’ensemble du peuple chrétien de s’exprimer en liberté. C’est dans cette optique que nous tenons à vous apporter notre modeste contribution.

Vous l’avez dit vous-même, ce n’est pas la discipline qui doit prévaloir, mais la miséricorde. N’est-ce pas le comportement habituel de Jésus dans toutes ses rencontres sur les chemins de Palestine ?

Le rôle de l’Eglise est d’accompagner, de soulager, d’encourager et non pas d’imposer des fardeaux que nous-mêmes, ses responsables, ne portons pas. Il semble tellement plus évangélique d’accueillir les personnes telles qu’elles sont et non pas telles qu’elles devraient être ! C’est l’honneur de l’Eglise que des chrétiens, des prêtres aient depuis longtemps ouverts des portes. Ils ne sont pas partis des principes mais des couples qui, de fait, sont exclus du sacrement et de la communion avec les autres chrétiens. Ils reconnaissent avec bienveillance l’amour qui est vécu chez des couples hors normes.

Ils ne se réfugient pas dans la doctrine en tenant un discours normatif, mais ils se mettent à l’écoute et portent un regard positif sur ces nouvelles formes de familles dont la vie au quotidien n’est souvent pas facile.
Le mariage civil est reconnu positivement. Des divorcés remariés sont accueillis et communient. Des responsabilités leur sont confiées. Des couples homosexuels sont reconnus et estimés. Leur mariage est béni. Et leurs enfants sont baptisés. Dans les périphéries de l’Eglise existe un climat de tolérance et de respect où les exclus sont les premiers invités à la table eucharistique.

C’est un changement majeur qui peut faire peur. Il ne s’agit pas d’accepter tout ce qui se fait, mais de partir des situations de vie telles qu’elles sont et de faire courageusement un pas en avant sur un chemin nouveau où se trouvent ceux et celles qui se sentent marginalisés par l’Eglise.

Merci pape François de nous réjouir par votre audace évangélique : « Dieu est le Dieu de la loi. Il est aussi le Dieu des surprises. Laissez-vous surprendre par Dieu. Dieu n’a pas peur de la nouveauté. ». Ce sont vos paroles. L’avenir est ouvert. Avec notre affection et notre respect. Jacques Gaillot, évêque de Parteniat

Pauvretés et Solidarités

95 projets à soutenir

Après avoir déjà présenté un certain nombre de projets locaux de lutte contre pauvretés et exclusions sociales, cette rubrique « Pauvretés » devient « Pauvretés et solidarités ». De son côté, à l’occasion de la campagne d’Avent 2014, l’Action Vivre Ensemble pose la question « Contre la pauvreté, vous choisissez quoi ? » et elle propose le thème « Contre la pauvreté, je choisis la solidarité » dans un dossier et divers outils, dont le conte de Noël « Un pour tous, tous pour un » destiné aux enfants, des « Pistes pour un Avent solidaire » et, en ligne, un calendrier de l’Avent lié à un grand concours photo.

De plus, le véritable « bottin social » qu’est la « Gazette de l’Avent » présente et invite les communautés chrétiennes à soutenir pas moins de 95 projets menés à Bruxelles et en Wallonie, qui ont sollicité un soutien de l’Action Vivre Ensemble pour poursuivre leur travail de plus en plus lourd, alors que les subsides officiels sont loin d’augmenter autant que les défis à relever chaque jour par les acteurs de terrain.

Pour plus d’infos : Vivre Ensemble, rue du Gouvernement provisoire, 32, 1000 Bruxelles. Tél : 02.2276680 et le site www.vivre-ensemble.be donnant une présentation plus détaillée de chaque projet et d’intéressantes analyses.

A noter

Douze urgences pour l’Eglise

« Pour une Eglise au visage d’Evangile - douze urgences » est un nouvel ouvrage de Monique Hébrard dont le sous-titre fait penser à celui - « dix raisons d’espérer » - du livre « L’Eglise quand même – à l’écoute du peuple de Dieu » publié par le C.I.L. aux Editions Fidélité et auquel l’auteure fait d’ailleurs souvent référence. A son tour, elle plaide pour une Eglise qui écoute, qui dialogue avec le monde, qui accepte la réalité de la fin du temps de la chrétienté, une Eglise à la Tradition vivante, qui ne se comporte pas en détentrice de la Vérité, qui accepte le dialogue et le débat en son sein et qui donne une vraie place aux femmes. Elle demande aussi le respect de la primauté de la conscience et le cheminement avec ceux et celles qui cherchent. « Les bouleversements considérables que vivent notre société et notre Eglise sont épouvantes certes, écrit-elle, mais ils sont mouvement et vie, et ils sont passionnants parce qu’ils nous donnent des défis à relever, nous invitent à réfléchir, à innover. ». Pour elle, « Avec François, nous avons un bon guide ».

Monique Hébrard, Pour une Eglise au visage d’Evangile – douze urgences, Ed. Fidélité, 2014, 173 p, 13,95 €.

Pourquoi la vie est belle même dans l’épreuve

Après les larmes utiles et nécessaires, il retourne à la vie ; il faut laisser faire le temps car « le temps qui passe c’est de la vie qui cherche une voie pour se faufiler et couler à nouveau ». Il faut s’abandonner à cette vie qui nous porte et qui nous indique ce qui est bon pour nous et l’épreuve redonne de la perspective à la vie. Il faut se départir de ce penchant presque morbide de devenir victime, de n’exister qu’en tant que victime, de se considérer comme « responsable de ce qu’on fait de ses blessures ».
« L’épreuve peut être ce qui creuse un trou qui pourrait bien tout ensevelir ou bien ce qui creuse en nous l’espace d’un accueil plus grand et généreux de toute l’existence ».
Il s’agit aussi d’un jeu de regards, les événements joyeux et douloureux se dévoileront sous un ciel clément … le ciel de l’amour de la vie.

Martin Steffens, La vie en Bleu, Ed. Marabout Paris, 2014, 224 p, 15,90€.

La lettre du Conseil Interdiocésain des Laïcs

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