Sillages
La lettre du Conseil Interdiocésain des Laïcs

Périodique trimestriel

Janvier-Février-Mars 2015

Au sommaire :
A la une > Le C.I.L.
La parole à... > Mais que fait Caritas Secours ? Du soutien rapproché.
Gros plan sur... > Engagement et foi
Pauvretés et Solidarités > BADGE
A noter > RAPPEL - « L’Eglise au cœur du monde » - « Quand douter libère »

A la une

Le C.I.L.

Comme vous l’avez certainement constaté, le Conseil Interdiocésain des Laïcs (C.I.L.) est discret depuis le début de cette année 2015. En effet, le C.I.L. est dans un grand travail d’introspection, de réflexion et d’adaptation. Le C.I.L. change pour offrir à ses membres (actuels et futurs) un lieu de construction collective adapté et en phase avec les réalités multiples d’aujourd’hui.

Nous regrettons cette discrétion et les choix que nous avons dû faire récemment. Car cela a nui à notre collectif. Mais ce travail prend du temps, car il nous remue de l’intérieur, dans tous les sens du terme. Nous sommes convaincus qu’il fallait initier un chantier et finalement, nous nous rendons compte que faire le chemin est tout aussi important que le résultat que nous recherchons.

C’est pourquoi nous souhaitons réaliser, avec nos membres, la suite du travail lors de notre Assemblée Générale du 30 mai prochain. Partir d’une base pour avancer ensemble vers la définition de nouveaux objectifs pour le C.I.L.. Nous souhaitons solliciter nos membres et leurs instances pour amender, bonifier, valider le « nouveau C.I.L. ».

L’implication des membres commence aujourd’hui. Avec des temps de travail dédiés à ce projet lors de nos deux assemblées (30/5 et 12/9) et l’intervalle de temps entre chacune. C’est un grand chantier, mais il faut consacrer au C.I.L. tout le temps et l’attention qu’il mérite. Moi, j’y crois !

Stéphane Houbion
Président

La parole à...

Mais que fait Caritas Secours ? Du soutien rapproché.

Où sont-ils, que font-ils, qui sont-ils ? Bienvenue au pays des invisibles !

Cela se passe à coté de chez vous, pour les urgences quotidiennes et les précarités chroniques, pour les situations qui échappent à l’initiative publique. Un voisin héberge une personne handicapée. Un autre visite et soutient une famille précarisée. Un troisième assure le transport de malades, navetteurs de la santé. Le quatrième passe une nuit par semaine à l’accueil des sans abris.

C’est moins visible que le débarquement en uniforme Croix-Rouge avec véhicules fluos à sirènes. C’est moins impressionnant que les camions bâchés de MSF lors d’un cataclysme. Cela passe moins à la TV que le Téléthon, Vivacité ou 48.81.00. Pourtant ils sont les bras actifs d’une des 100 associations locales regroupées dans 4 Caritas diocésaines francophones qui forment « Caritas secours » localement à Bruxelles, en région wallonne et germanophone, moins connus, car moins médiatisés que Caritas international.

Les volontaires bénévoles sont à l’œuvre de 4 à 5 heures par semaine. Ils ont inventé l’aidant proche, le réseau de solidarités sur mesure. Dans une société des médias, ils ont le tort d’être silencieux. Dans une société du fric, ils ont le tort d’être gratuits. Dans une société de l’indifférence, ils ont le tort d’être présents, actifs et à l’écoute. Il se pourrait que l’essentiel soit invisible pour les yeux.

Caritas secours est un réel réseau de ressources, de compétences, de 100 associations locales au service des personnes fragilisées, handicapées, confrontées à la pauvreté économique ou culturelle. Actives tous les jours, toutes les minutes, dans tous les quartiers. La pratique de terrain est encadrée par des professionnels, touche les gens proches dans leurs détresses et leurs premiers besoins.

« Caritas got talent ». Ces talents discrets auraient besoin d’une Solidarity academy pour apprendre à aider sans s’imposer, à soutenir en s’effaçant, à s’organiser pour être plus efficaces encore. On cherche des passionnés par l’humain au quotidien alliant une compétence technique ou relationnelle à la compétence du cœur pour agir sur les causes de la pauvreté en s’engageant avec les personnes qui la subissent.

Notre cœur de métier, notre boulot au cœur des problèmes : Agir sur les causes, pour et avec les gens, rendre possible l’accès aux droits, informer, former aux attitudes qui sauvent, créer des espaces où cela devient possible.

On y trouve accès au logement, aux soins, accueil de jour et de nuit des sans abris, d’ados et d’adultes, de personnes handicapées, issues de prison, ou de l’immigration.

On n’est pas sans issue : opération thermos en rue et accueil social, accompagnement humain et spirituel, aide éducative et soutien, centre thérapeutique, social ou d’entraide, maisons de jeunes et communautaires, collecte de vivres et colis alimentaires, éducation permanente et accès à l’emploi, collecte de vêtements et de chaussures, printemps du cœur et vestiaires sociaux, insertion sociale, plan grand froid, relais social , stations de plein air, terrains d’aventure.

On n’est pas définitivement exclu : accompagnement de personnes prostituées, cours de couture ou de langue, babbelkot, crèches ou haltes garderies, déménagements, chantiers de peinture et petits boulots, école de devoirs, espace social, télé-service, médiation de dettes et lutte contre le surendettement, restaurants sociaux et lutte contre la faim, service juridique et accès au droit, visiteurs de malades et de prisons, prévention de la maltraitance et de la violence, travail communautaire, actions collectives des plus démunis, promotion de la citoyenneté responsable et de liens familiaux tenables, aide sociale urgente, soins palliatifs.

On contribue à la réflexion sociale et théologique à partir de l’expérience vécue par et avec les pauvres.

Si vous ne l’avez pas vu, allez voir. Si vous ne l’avez pas entendu dire, il faut le répéter.

Offre ou demande ? Contactez : kesteman.michel@gmail.com, http://www.caritas-secours-liege.be ou les autres Caritas diocésaines 02/548 98 00 (Bruxelles-BW), 071/517181 (Hainaut), 04/229 79 32 (Liège), 081/22 28 42 (Namur). Toi aussi, tu es Caritas dès aujourd’hui ?

Gros plan sur...

Engagement et foi

C’est un beau cadeau qu’Entraide et Fraternité fait à notre Eglise avec la brochure « L’engagement, une manière essentielle de vivre la Foi ». Car elle contient un riche exposé de Michel Molitor sur le parcours d’Entraide et Fraternité-Vivre Ensemble, éclairé par des témoins partenaires.

Avec pour titre « Pour que la terre tourne plus juste : l’engagement des chrétiens », un colloque a été organisé en mars 2014 par la Commission théologique et pastorale d’Entraide et Fraternité et l’Institut de recherche Religions, Spiritualités, Cultures, Sociétés de l’Université Catholique de Louvain. Il a nourri le débat entre chrétiens des pays du Nord et du Sud sur les enjeux de leurs engagements pour le développement dans les contextes marqués par la sécularisation et la diversification religieuse.
Lors de ce colloque, Michel Molitor a remarquablement retracé comment, notamment via les Carêmes de Partage et campagnes d’Avent, Entraide et Fraternité, depuis 1961, et Vivre Ensemble, à partir de 1972, ont appuyé leurs partenaires, chrétiens et autres.

A la suite de Jésus

L’ancien professeur de sociologie et vice-recteur émérite de l’UCL s’appuie sur une définition de l’engagement du grand philosophe Jean Ladrière, pour « caractériser la trajectoire de personnes qui travaillent ou ont travaillé à Entraide et Fraternité et à Vivre Ensemble » durant des étapes très différentes : les premières années durant lesquelles s’élabore une action encore caritative ; la période très agitée allant de la fin des années ’60 à la fin des années ’80 et l’époque contemporaine « où l’engagement dans les causes de la solidarité va devoir tracer des chemins nouveaux dans une obscurité relative ». Sont notamment rappelés les soutiens d’alliés comme le Conseil Général de l’Apostolat des Laïcs devenu notre C.I.L. et aussi des mouvements d’éducation permanente, des groupes de base et des lieux de formation partageant la conviction que le changement est possible.

D’où ces propos de Michel Molitor : « Si dans notre combat, nous rejoignons volontiers des hommes et des femmes de tous les horizons, partageant notre désir de construire un monde libéré de l’injustice et de l’exploitation, notre travail et notre action sont nourris des enseignements de l’Évangile. L’action et les priorités de Jésus visaient aussi à mettre au cœur d’une société dont ils étaient exclus les petits, les pauvres, ceux qui ne comptaient pas. Nous croyons que le souffle qui l’a animé continue de féconder aujourd’hui des choix semblables aux siens. ».

Avec des partenaires

Rappelant de nombreux événements et analyses liés au parcours d’Entraide et Fraternité-Vivre Ensemble, le texte de Michel Molitor est illustré de belles photos d’acteurs de terrain et aussi de la reproduction d’une fameuse affiche d’un Carême de Partage qui reprenait l’invitation du prophète Isaïe à « transformer les épées en charrues »...

S’y ajoutent des propos tenus au colloque EF-UCL de 2014 par divers partenaires : de République Démocratique du Congo, Albertine Tshibilondi et Mgr Maroy Rusengo, archevêque de Bukavu ; du Guatemala ; du Guatemala ; Mgr Ramazzini, courageux défenseur des Indiens ; la Thaïlandaise Naiyana Vichtiporn ; l’économiste et théologienne franco-uruguayenne Elena Lasida et du Brésil, Tereza Cavalcanti et Mgr Rixen, évêque de Goias originaire de la province de Liège, ainsi que de Belgique : Olivier De Schutter, ancien rapporteur des Nations Unies pour le droit à l’alimentation ; Walter Lesch, professeur d’éthique à l’UCL ; le regretté théologien et exégète Jacques Vermeylen ; et Myriam Tonus, à présent conseillère théologique des Patros.

Cette brochure confirme bien que Entraide et Fraternité et Vivre Ensemble ne se limitent pas à l’organisation des collectes de Carême et d’Avent destinées à leurs partenaires, mais « participent à ce qu’on pourrait appeler une histoire efficace de l’Évangile, c’est-à-dire la venue d’un monde plus généreux, plus solidaire, ouvert à tous et soucieux des plus petits », comme l’écrivait déjà Michel Molitor dans « Sillages » en 2011.

« L’engagement, une manière essentielle de vivre la Foi » (32 p, 5 €) peut être commandé à Entraide et Fraternité, rue du Gouvernement provisoire, 32, à 1000 Bruxelles ou être consulté sur le site www.entraide.be

A signaler aussi « Souveraineté alimentaire, Dieu de Justice et entraide » restant lié aux priorités de ce service d’Eglise pour les années à venir.

Pauvretés et Solidarités

BADGE

Badje est une fédération pluraliste bruxelloise active dans le secteur de l’accueil des enfants de 0 à 18 ans, au sens de la Convention internationale des droits de l’enfant.

Les 57 membres sont des associations et des organismes publics locaux proposant aux enfants et aux jeunes, un accueil, des animations, des activités, un soutien scolaire, et ce, tant durant l’année scolaire que pendant les périodes de vacances. La fédération représente une mosaïque d’organismes très diversifiés. Diversité de tailles, d’origines, de publics, de lieux d’action, de modes de fonctionnement, de financements… La majorité de ces associations accueillent un public principalement issu de milieux défavorisés et de l’immigration. Si le manque de moyens financiers caractérise la plupart d’entre elles, la réunion de ces institutions, et surtout des personnes agissant au cœur de chacun de ces projets, constitue à elle seule une très grande richesse.

Badje a pour finalité un accueil de l’enfance de qualité partout et pour tous. Cette mission s’inscrit pleinement dans une logique de promotion et de défense des droits de l’enfant, en particulier les droits à l’éducation, à l’accueil, à la culture et aux loisirs pour tous.
L’ouverture, le partenariat, l’expertise et l’engagement constituent les quatre valeurs fondatrices de Badje, interreliées dans une logique de gradation.

Badje allie l’action sur le terrain et le travail d’un groupe de pression. Elle déploie une grande diversité d’activités contribuant toutes, de manière cohérente, au développement, à la reconnaissance et à la professionnalisation de l’accueil de l’enfance en Région de Bruxelles-Capitale.
L’accessibilité des milieux d’accueil aux enfants issus de milieux défavorisés ou en situation de handicap constitue une préoccupation transversale et permanente de l’association. Ainsi, toutes les actions de Badje tendent à promouvoir un accueil de qualité accessible à tous, avec une attention accrue pour les enfants qui en sont les premiers exclus.

La force de Badje se situe dans le fait que son champ d’action, la Région de Bruxelles-Capitale, est à la fois un territoire restreint, ce qui permet d’être très proches du terrain, très au fait des réalités qui s’y vivent, et une entité régionale d’importance, concentrant des problématiques spécifiques, qui ne se rencontrent pas de manière similaire dans les deux autres régions qui composent la Belgique.
Badje asbl, Accueil et Développement pour la Jeunesse et l’Enfance, rue de Bosnie, 22, 1060 Bruxelles. Tél : 02.2481729. Courriel : info@badje.be Site : www.badje.be

A noter

RAPPEL

Le 30 mai 2015 à 10h : Assemblée générale statutaire et chantier C.I.L.
LLN : bâtiment Jacques Leclercq

« L’Eglise au cœur du monde »

Ce dossier édité par le centre AVEC comporte 4 articles : dans « Deux ans après : des changements dans l’Eglise catholique » Gerry O’Hanlon S.J. retrace l’évolution de l’Eglise depuis l’arrivée du pape François avec deux idées majeures : une Eglise collégiale et une Eglise pauvre pour les pauvres.
Un autre jésuite, Jean-Marie Faux, signe un article « La joie de l’Evangile » dans lequel il souligne surtout la notion de ‘périphérie’ chère au pape François, et cela au cœur du monde d’aujourd’hui.
Le dominicain Ignace Berten nous partage une question qui lui est chère : « Le Synode sur la famille. Quels enjeux pour l’Eglise et pour les communautés chrétiennes ? » Il y traite surtout l’entre deux synodes et le chemin vers le deuxième synode. Michael Czerny S.J. et Paola Foglizzo complètent ce dossier avec un article intitulé « La force des exclus. La rencontre mondiale des mouvements populaires au Vatican ».
Ce dossier rejoint donc, au travers de ses articles, les préoccupations actuelles du pape François pour l’Eglise … dans le monde d’aujourd’hui.
« En question » n° 112 - Mars 2015 - www.centreavec.be - secretariat@centreavec.be

« Quand douter libère »

C’est dans le style précis rigoureux et clair que nous lui connaissons, que nous retrouvons Paul Löwenthal, « notre » ancien président du C.I.L. de 2001 à 2008.
Nous livrant en toute liberté et confiance son chemin de foi, chemin où il croisa souvent des hommes et femmes de toutes convictions, il n’écarte aucune question, aucun doute, et propose sa vision de foi actuelle, fruit d’une réflexion mûrie par ces rencontres, et qu’il veut non définitive.
Deux mots clés l’accompagnent tout au long de sa recherche : Evangile et Liberté de conscience, ce qui ne l’empêche pas de prendre des engagements chrétiens et ecclésiaux à côté de ses engagements comme citoyen.
J’espère que vous lirez ce livre de 166 pages, comme une rencontre fructueuse, qui vous incitera à une réflexion personnelle, comme ce fut le cas pour moi. C.V.
Ed. ACADEMIA, LLN, 2015, 166 pgs, 16,50 € - contact@editions-academia.be

La lettre du Conseil Interdiocésain des Laïcs

Pour mener ses activités, le C.I.L. ne dispose à présent que d'un soutien réduit de la Conférence épiscopale, des cotisations de ses membres et de dons de sympathisants. Tout don versé à son compte sera dès lors le très bienvenu.
BE43 7995 5016 4501 (BIC : GKCCBEBB)
Amis du CIL, 1040 Bruxelles.