Sillages
La lettre du Conseil Interdiocésain des Laïcs

Périodique trimestriel

Avril - Mai - Juin 2014

Au sommaire :
A la une > Au-delà des joutes électorales
La parole à... > Relais européen du MIAMSI
Gros plan sur... > La sainteté pour tous
Pauvretés et Solidarités > Le Sappel
A noter > « L’entreprise, un moteur de Progrès » - « François, le printemps de l’Église »

A la une

Au-delà des joutes électorales

Remplaçant les meetings de jadis, les joutes pré-électorales se font désormais lors des débats TV et radios où les candidats rendent bien difficile de comprendre leurs diverses propositions ou même simplement de les entendre quand ils parlent tous ensemble ! Et sur les réseaux dits sociaux, les arguments sont à présent transmis en quelques mots. C’est l’air du subito !

D’où la dangereuse tendance à relativiser l’importance du droit et même l’obligation de voter ou à prôner un vote dit anti-système. Alors que le droit de vote est une avancée démocratique encore assez récente et dont ne bénéficient pas facilement bien d’autres habitants de la planète.

Pourtant médias ont montré tous les enjeux des élections 2014 pour l’avenir de notre pays et celui de l’Europe. En ont fait de même des acteurs aux expériences de terrain et aux analyses qui invitent à aller bien au-delà des scrutins. C’est ainsi le cas d’Initiative de Chrétiens pour l’Europe (www.initiative-ixe.eu), des contributions émanant de Caritas, de l’interpellation citoyenne de Justice et Paix Belgique francophone ou encore, cfr page 2, du Relais européen du MIAMSI.

Espérons donc que ces apports auront retenu l’attention des électeurs et des futurs élus !

La parole à...

Relais européen du MIAMSI

Le MIAMSI est le Mouvement international d’apostolat des milieux sociaux indépendants ayant des membres dans plus de 30 pays d’Europe, d’Amérique latine, d’Afrique ainsi qu’en Inde, à Madagascar, aux Seychelles et à la Réunion. L’ACi (Agir en Chrétiens informés) en est chez nous en tant qu’association chrétienne d’éducation permanente promouvant une réflexion lucide sur l’évolution de la société en vue de rendre le monde plus humain pour tous dans la ligne de l’Evangile. D’où la rencontre tenue à Bruxelles pour échanger autour des thèmes « Vivre Ensemble » et « Bien commun » en Europe :

Dans la perspective des élections européennes, une assemblée du réseau européen du MIMASI a réuni 75 membres des ACi européennes et apparentés. Ces Belges, Français, Italiens, Luxembourgeois et Portugais ont réfléchi sur l’Europe qu’ils veulent en vue d’envoyer aux politiques et à tous les citoyens de leurs pays un message pour aller de l’avant.

Sur base d’apports multiples

Pour ce faire, les participants à cette rencontre ont bénéficié de conférences d’experts, d’idées partagées lors d’une table ronde par des acteurs du monde politique, du monde de l’entreprise et de celui de l’éducation, ainsi que de travaux menés en petits groupes.

Parmi les intervenants, on citera : le père Patrick Daly, secrétaire général de la COMECE (Commission des Episcopats de la Communauté Européenne) ; Frank Delmartino, professeur retraité de la KUL et du Collège de l’Europe à Bruges ; Vincent Berger, ancien jurisconsulte de la Cour européenne des droits de l’homme, professeur au Collège de l’Europe et à Natolin (Pologne) ; Jacques van Rijckevorsel, ingénieur civil mécanicien chez Solvay , acteur dans le partenariat UCL-Solvay et auteur du livre « L’entreprise, un moteur de progrès » ; Mgr Alain Lebeaupin, nonce apostolique auprès des Communautés européennes ; le père Denis Joassart, jésuite et aumônier de l’ACi belge ; ainsi que l’abbé Thierry Tilquin, théologien, formateur au Centre de Formation Cardijn (CEFOC), qui mène des formations pour des adultes issus ou solidaires des milieux populaires.

De plus, une célébration eucharistique a été présidée par Mgr Kockerols, évêque auxiliaire de Malines –Bruxelles, représentant de la Conférence épiscopale de Belgique à la COMECE et vice-président de celle-ci.

Les actes de cette rencontre sont sur les sites suivants de l’ACi et du MIAMSI : www.aci-org et www.miamsi-rome.org
Voir aussi ACi, rue du Marteau, 19, 1000 Bruxelles. Tél : 02.20185447. Courriel : animation@aci-org.net

Une autre parole pour l’Europe

A l’issue de cette rencontre et sous le titre « Vivre Ensemble et Bien Commun – Une autre parole pour l’Europe » est sorti le 6 avril le message que voici. Il était signé par des chrétiens engagés au sein des mouvements européens du MIAMSI et comme représentant les ACI de Belgique, France, Italie et Portugal :

« Au terme de deux jours d’échange, nous sommes persuadés que malgré le scepticisme qui se propage au sujet du projet européen, l’Europe est considérée comme un exemple à suivre pour les acquis qui la caractérisent, tout en étant conscients qu’elle n’est pas l’unique référence.

Néanmoins, nous considérons que, loin d’être conclu, ce projet est en marche (et qu’) il nécessite la responsabilité de chacun en tant qu’acteur innovant pour sa réussite.

Afin de contribuer à l’évolution de ce projet et soucieux des générations à venir, nous proposons :

  • que le social et le politique deviennent la priorité de l’Europe et pas seulement l’économique et le financier. Nous demandons à nos élus d’être innovants, porteurs d’une vision européenne qui prenne en compte l’individu, considéré dans son intégralité ;
  • de renforcer la cohésion sociale par une juste répartition des ressources, en accentuant le processus d’intégration de tous, avec une particulière attention portée aux plus fragilisés, et restant ouvert au monde ;
  • de renforcer notre rôle de citoyen européen par une meilleure communication avec nos représentants dans les institutions européennes, en exigeant d’eux une information claire et honnête sans double langage, un compte rendu régulier et une transparence de leurs actions. D’exiger des médias de participer à cette meilleure communication ;
  • de renforcer notre souveraineté européenne, par une harmonisation fiscale et sociale ; d’affermir le pouvoir donné aux institutions, de consolider la solidarité entre communautés/régions/Etats ;
  • de poursuivre la recherche et le développement (industriel, culturel, économique, …) dans un esprit d’innovation ;
  • de développer le sentiment de communauté européenne et la notion de citoyenneté par une formation de qualité, qui favorise l’éveil à la diversité culturelle en valorisant les valeurs communes, l’organisation de rencontre inter-écoles et inter-universités afin de favoriser les échanges et bâtir des projets communs ;
  • de poursuivre une politique de développement durable basée sur une alimentation de qualité, en luttant contre le gaspillage des ressources.

La flamme de l’Europe s’est peut-être affaiblie, mais si nous nous engageons, elle peut retrouver son élan ! Un avenir à l’Europe est possible, un bel avenir ! ».

Gros plan sur...

La sainteté pour tous

Au lendemain de la canonisation de deux papes du XXe siècle, il est bon de (se) rappeler que les papes, religieux et religieuses ne sont pas seuls appelés à la sainteté !

« La canonisation de Vatican II » titrait « La Libre Belgique » fin avril, à l’occasion des canonisations des papes Jean XXIII et Jean-Paul II proclamées en présence des papes François et Benoît XVI. De plus, la béatification de Paul VI, antichambre de sa canonisation, est annoncée pour octobre prochain, alors que plus de quatre-vingt papes ont déjà été canonisés et neuf béatifiés.

Canoniser ensemble Jean XXIII et Jean-Paul II montre l’importance accordée au concile Vatican II ou que « élever sur les autels » ces deux papes, c’est « canoniser Vatican II ». Mais c’est aussi rappeler qu’en n’étant « que pape », comme il disait, et un « pape de transition », comme on a dit de lui, Jean XXIII a, lors d’un court pontificat, encouragé l’Eglise à dialoguer avec la Société pour qu’Elle entre dans le monde contemporain, ainsi qu’il l’avait fait comme délégué apostolique pour la Turquie et la Grèce ou encore comme nonce apostolique à Paris. Et canoniser Jean-Paul II, c’est rappeler qu’il a contribué à la mise en œuvre de Vatican II lors des vingt-cinq années qu’il a vécues à Rome et de par le monde.

Aux côtés d’autres

Mais il ne faut pas être pape ou clerc pour pouvoir accéder à la sainteté. Vatican II l’a affirmé ainsi au chapitre IV (sur les laïcs) de sa constitution « Lumen Gentium » : « Si donc dans l’Eglise tous ne cheminent pas en suivant la même voie, tous cependant sont appelés à la sainteté et ont reçu en partage une foi du même prix par la justice de Dieu. ».

Toutefois, être saint, c’est bien être un modèle de vie chrétienne : « Damien inspire », ai-je lu sur une affiche, à Leuven, où l’apôtre des lépreux est enterré. Car être saint ou sainte, c’est être un modèle inspirant grâce à ce qu’il ou elle a vécu dans sa vie.

Ainsi, il y a des hommes d’Eglise que nous aimerions voir « élevés sur les autels » ou plutôt compter parmi les « élus » : Helder Camara, Joseph Cardijn, Oscar Romero, l’Abbé Pierre et le récemment décédé évêque brésilien Tomas Balduino, qui ont tous été des modèles dans la défense de la dignité humaine. Mais il y a aussi des laïcs comme ce père de l’Europe qu’est Robert Schuman et des adeptes d’autres confessions ou religions, comme Albert Schweitzer, Martin Luther King, Gandhi, ou encore des personnes de notre entourage immédiat dont on dit que ce sont des vrais saints. Ainsi, ils sont bien justes ces mots d’une petite fille pour qui « un saint, c’est quelqu’un qui laisse passer la lumière », même s’il faut aller au-delà de sa source d’inspiration qu’étaient des vitraux d’église.

Le reconnaît le Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise catholique en citant Jean-Paul II à propos des laïcs : « …les fidèles peuvent contribuer comme du dedans à la sanctification du monde, à la façon d’un ferment, en exerçant leurs propres charges sous la conduite de l’esprit évangélique, et (…) manifester le Christ aux autres avant tout par le témoignage de leur vie. ».

De plus, il y a certainement un parallèle à faire entre l’appel à la sainteté et ce que nous avons célébré en mai à la Journée des Vocations en nous rappelant, comme l’a fait le journal « Dimanche », qu’il existe plusieurs types de vocations et que vocation vient du latin « vocatio » signifiant appel. Mais pas n’importe quel appel puisqu’il vient de Dieu et pour une mission bien précise !

Enfin, espérons et prions pour que d’autres prêtres, religieux et religieuses, laïcs mariés ou célibataires, soient appelés à faire passer la lumière du Christ au monde et à compléter ainsi la litanie des saints !

Peter Annegarn, président du C.I.L.

Pauvretés et Solidarités

Le Sappel

Tirant son nom d’un domaine situé dans l’Ain, en France, la communauté chrétienne du Sappel fut fondée en 1989 par deux couples anciens volontaires du mouvement ATD-Quart-Monde pour répondre à la demande spirituelle des plus pauvres et d’après l’approche apprise dans ce mouvement fondé par le Père Joseph Wresinski.

Le Sappel veut permettre aux familles et aux personnes isolées du Quart-Monde de relever positivement leur vie de misère pour y découvrir des traces de la présence d’un Dieu créateur et sauveur. Cela est mis en œuvre par la pratique d’une vie fraternelle, de l’écoute de la Parole de Dieu, de la prière et des sacrements, ainsi que de rencontres avec d’autres croyants pour permettre à ces différentes personnes de prendre leur place comme membres à part entière de l’Eglise.

A partir de la France sont nés à Namur un groupe de prière et une retraite/an. Pour connaître le Sappel, il y a des publications comme « Ces pauvres qui interrogent l’Eglise » et « Le livre du chemin de croix », des DVD et le site internet www.sappel.info

Infos auprès de De Maertelaere Bernadette, 4, rue Joseph, Saintraint, 5000 Namur. Tél : 0477.17.85.59. Courriel : bena6711@hotmail.com

A noter

« L’entreprise, un moteur de Progrès »

Notre planète fait face à de graves défis : la perspective de 9 milliards d’habitants en 2050 avec la charge correspondante de besoins et de consommation de ressources naturelles, le changement climatique, les fractures sociales, …Les scandales financiers et industriels nous interpellent. On parle de déclin irrémédiable. Des voix s’élèvent pour accuser les entreprises « causes de tous ces maux » et il est vrai que certaines entreprises font partie du problème, mais que d’autres font bien partie de la solution et que nous avons besoin de ces entreprises-solution, moteurs de Progrès. C’est le sujet de ce livre qui nous pousse à un optimisme réaliste : « l’utopie ne signifie pas l’irréalisable, mais l’irréalisé » selon Théodore Monod.

Jacques van Rijckevorsel, « L’Entreprise, un moteur de Progrès », Paris, Editions Thilès, 2012.

« François, le printemps de l’Église »

Du pape François, ce petit livre de 173 pages brosse un rappel des moments forts de sa vie et contient une analyse bien commentée par Frédéric Lenoir de ses gestes, ses actes et ses propos depuis qu’il a été élu. Et cela à travers trois thèmes qui sont chers à François : son souhait d’une Eglise pauvre et humble ; son désir de remettre l’amour et la miséricorde au cœur de toute pratique ecclésiale ; sa volonté d’ouvrir l’Eglise et de l’impliquer dans les grandes questions de notre temps, telles que la justice sociale, l’écologie, les dialogues entre les peuples et les cultures en vue du bien commun.

Frédéric Lenoir, « François, le printemps de l’Eglise », Paris, Fayard, 2014.

La lettre du Conseil Interdiocésain des Laïcs

Pour mener ses activités, le C.I.L. ne dispose à présent que d'un soutien réduit de la Conférence épiscopale, des cotisations de ses membres et de dons de sympathisants. Tout don versé à son compte sera dès lors le très bienvenu.
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